Les commentaires récents m’incitent à rappeler les conclusions que j’ai été amené à tirer à la suite d’une douzaine d’années de recherches effectuées à l’Université de Mons et consacrées à la violence télévisée.
AVIS
De la direction générale de la santé suite aux travaux du groupe d’experts réuni le 16 avril 2008
sur l’impact des chaînes télévisées sur le tout petit enfant (0 à 3 ans)
---------
La direction générale de la santé considère :
Le CIEM ( Collectif Interassociatif Enfance et Media) a pris connaissance de l’avis que la direction générale de la santé (DGS) a publié suite aux travaux du groupe d’experts réuni le 16 avril 2008.
Il se félicite de voir la DGS «se prononcer contre les chaînes spécifiques pour les enfants de moins de trois ans et déconseiller la consommation de la TV jusqu’à l’âge d’au moins trois ans, indépendamment du type de programme (le concept de programmes adaptés à l’enfant de moins de trois ans n’ayant aucun sens)».
La Société se préoccupe beaucoup des droits de l’enfance : on parle beaucoup de l’enlèvement, de vente, de la traite de l’enfant, on veut le protéger contre l’exploitation sexuelle, le travail , la consommation de drogues…; on veut le préserver de la pédophilie, de la violence scolaire, on veut sécuriser leur espace…
Une émission de Peter Entell pour la Télévision Suisse Romande en coproduction avec Arte
Paru le Mercredi 12 décembre 2007 sur le blog de Cerise B
Forcément, quatorze chaînes pour enfants en France, ce n’était pas assez ! Voilà donc que depuis le 16 octobre, Baby First, une nouvelle chaîne ciblant les enfants de 6 mois à 3 ans, disponible en France ! Baby First, label international qui a déjà essaimé dans 28 pays et 73 millions de foyers, s’entoure à chaque nouveau lancement d’un comité d’experts de la petite enfance (je serais très curieux de savoir combien ces “experts” sont payés pour débiter autant d’âneries). Lors de son lancement en France, la caution “scientifique” est venue du magazine PsychoEnfants.
UN PEU DE COURAGE M. LE PRÉSIDENT, SVP !
Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent en France pour mettre en garde les responsables politiques de notre pays contre l’effet incitatif de la violence des images sur le comportement des jeunes. De fait, enquêtant sur les émeutes de l’automne 2005, l’un des responsables de l’incendie du dépôt de tissus d’Aubervilliers m’avait raconté comment cet épisode de violence collective lui avait procuré le sentiment “ jubilatoire ” de participer à un jeu vidéo en temps réel. Et comme s’il parlait d’une console, ce dernier me dit : “ Quand j’en ai eu marre, je suis allé me coucher.[1] ” Nul doute que ce type de mimétisme habite les jeunes snipers de Villiers-le-Bel, probablement gavés comme tant d’autres d’expériences virtuelles et de séries B du même type “ vues à la TV ”. L’appel à la délation n’y changera rien : il s’agit d’une tendance lourde dans notre société.
Le CIEM alerte les parents et les éducateurs, interpelle les responsables de la protection des mineurs français et européens et demande aux pouvoirs publics l’interdiction de la commercialisation de chaînes pour bébés
L’émergence de chaînes pour les bébés de moins de 2 ans